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Mensôre Uchinâ-blog. Un petit blog de présentation de l'île berceau du karate et du kobudô. Ici, je parlerais tout autant des arts de combat d'Okinawa, que de la culture trop méconnue de cette partie du Japon.

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沖縄武芸のルーツ, Okinawa bugei no rûtsu, les origines des arts du combat d'Okinawa

ORIGINES DE L’ART DU COMBAT A OKINAWA

Les arts du combat d’Okinawa, tels que nous les connaissons aujourd’hui, sont  des arts (au sens premier «d’habileté») de combat qui eurent une maturation très lente et qui tirent leurs origines du mélange et de l’adaptation des techniques originelles du combat de l’île et du quan-fa (kenpô) de Chine.

C’est grâce aux relations commerciales établies au 14éme siècle par le roi Satto de Chûzan (un des rois royaumes de l’île) que cet apport chinois put avoir lieu, soit par des bribes d’enseignements par les Chinois eux-mêmes, soit par ce que certains Okinawaïens purent apprendre en Chine.

Okinawa eut très tôt des contacts avec la Chine, dés 608, mais cette rencontre se solda par une opposition entre une expédition chinoise, alors en quête de  « l’île des immortels » et les insulaires.

Dans les années qui suivirent, rien de remarquable, jusqu’à l’année 1392, où le roi Satto noua des liens formels avec la Chine sous forme de vassalité, lui donnant droit de commercer dans la région et mouiller dans les ports  e ces mêmes régions.
Une communauté chinoise s’installa d’ailleurs sur Kuninda, une île proche de la baie de Ukishima (village de pêcheurs et future Naha) dans le village de Kumemura, actuellement, le quartier de Kume fait partie intégrante de la ville de Naha.
A partir de cette date, on pense que certains nobles okinawaïens eurent accès à des bribes de techniques du quan-fa chinois. Il est peu probable qu’une transmission complète ait put avoir lieue, les chinois n’avaient aucun intérêt à dévoiler des techniques qui leur assuraient la sécurité.

En 1429, Hashi, seigneur de Sashiki-gusuku (château de Sashiki) dans le royaume de Nanzan, unifia l’île d’Okinawa, mais aussi tout l’archipel des Ryûkyû.
Il faut aussi prendre en compte l’établissement d’un corps de bâtiments dans la ville chinoise de Fuzhou où étaient « assignés » à résidence les commerçants venus d’Okinawa, le Ryûkyû-kan , près de ce bâtiment se trouvait le Kojô-dôjô, une salle d’armes détenue par la famille Kojô, famille chinoise, dont lenom était Sai, établie à Okinawa.

1507 est une autre date importante dans l’art du combat okinawaïen. Cette année et par peur des révoltes, le roi Shô Shin décréta une forte restriction des armes, ainsi que le rassemblement des nobles de toute l’île, près de Shuri-gusuku (château de Shuri), siège de son pouvoir.
Cette forte restriction des armes, dont n’eurent pas à souffrir les plus proches collaborateurs du pouvoir, ainsi que les forces chargées de faire respecter l’ordre, eut certainement pour effet de mobiliser l’esprit créatif en détournement d’objets usuels à des fins belliqueuses. C’est à cette époque qu’il faut voir le développement des arts de combat à base d’outils arratoires.

Une des classes de gens d’armes qui contribua grandement au développement des arts de combat d’Okinawa fut sans conteste la classe des pêchin., à la fois police, gendarmerie, milice, cette classe n’était pas soumise à la restriction des armes.

La classe des pêchin fut créée en 1509, quand le roi Shô Shin décida d’imposer une hiérarchie dans la noblesse. La mission des pêchin était d’assurer l’administration civile, de faire respecter la loi et tout ce qui était en rapport.
La classe des pêchin, était elle-même divisée en satunushi et chikudun. Les satunushi étaient issus de la noblesse et les chikudun de la roture. Ces deux divisions étaient-elles aussi subdivisées en 10 catégories, basées sur l’ancienneté.
Les aspects administratifs de la loi et de l’ordre étaient dévolus aux plus anciens au bureau okumiza, composé d’un département de police, d’un ministère public et d’un tribunal.
Le hirashô ou hirajô, situé dans le château de Shuri avait deux fonctions : établir le registre des naissances et des morts et enregistrer les activités criminelles. Les provinces éloignées avaient de petits bureaux appelés kogumiza, faisant office de hirasho local.
Sur le terrain, le système judiciaire du royaume était assuré par les chikusaji pêchin. Ces baillis de justice avaient la charge des convocations, des arrestations, des prisonniers et veillaient à ce que les décisions de justice soient appliquées. La garnison, hiki, s’occupait de la défense du pays, protégeait le château et le roi.


202 ans plus tard, soit 1609, vit un autre événement important dans le développement, non seulement d’Okinawa, mais aussi de tout l’archipel.
Cette année, le seigneur de la province de Satsuma, au Japon envahit l’île et après de brefs combat et une prise en tenaille (par expédition maritime et terrestre) fint par annexer Shuri-gusuku et soumettre le royaume entier de Ryûkyû.
Cette invasion eut pour effet d’appauvrir encore plus les couches aristocratiques de Ryûkyû. Les nobles qui avaient déjà dut pressurer les paysans pour, non seulement entretenir leurs domaines, mais aussi pour assurer le train de vie dans leurs résidence près de Shuri-gusuku (édit de Shô Shin) furent réduit à assumer des tâches moins nobles.
Revenus dans leurs domaines, leur seul moyen de montrer leur ancien statut fut de perpétuer les techniques de combat.
Des années plus tard, quelques okinawaïens, aux origines nobiliaires condensèrent et codifièrent les arts de combat. Certains mêmes firent la traversée jusqu’en Chine pour perfectionner leurs connaissances, tandis que certains Chinois s’installaient sur Okinawa ou sur les îles proches, transmettant leur savoir devenu « obsolète », mais néanmoins culturellement inestimable.

© Lionel Lebigot 2008
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