
Sai On (1682-1761), de son nom japonais Gushichan-bunjaku fut précepteur et conseiller du
roi Shô Kei (r. 1713–1751).
Sous son ministère, de grandes et profondes réformes eurent lieu à Ryûkyû et encore aujourd’hui, il garde une forte image.
Sai On naquit dans la communauté chinoise de Kumemura dans une famille de lettrés impliqués dans le gouvernement de l’archipel. Son père effectuait de fréquent voyages en Chine et c’est avec lui,
qu’il fit son premier séjour dans la ville chinoise de Guangzhou. Là, il étudia l’économie, la géographie et l’administration , tout en approndissant ses connaissances des classiques chinois.
Après son retour à Okinawa, les dignitaires du gouvernement cherchèrent un précepteur pour le futur roi et choisirent Sai On. Ce choix était en partie dut aux connaissances confucianistes de Sai
On, car Okinawa avait subit de nombreuses catastrophes naturelles et les textes confucianistes pouvaient apportés des remèdes.
En 1728, Sai On fut élevé au sein du Sanshikan, le grand Conseil des Trois.
A cause de sa non appartenance à la haute aristocratie, Sai On ne put être nommé au poste de Sessei (équivalent de premier ministre), des aménagements furent entrepris pour qu’il puisse quand même
disposé de grands pouvoirs.
Sous sa direction, de grands travaux d’aménagements du territoire furent mis en place : irrigation, plantation, agriculture, contrôle des crues…
D’autres réformes furent antérieures à celles qui virent le jour au Japon : réglementation des flux migratoires de paysans vers les grandes villes, limitations du nombre de menuisiers et de
ferroniers.
L’agriculture fut encouragée et la production intensifiée, du fait du réaménagement des campagnes. La production sylvestre d’Okinawa ne se suffisait pas et plusieurs réformes de Sai On permirent de
parer à cet état de fait. La conservation des sols et l’irrigation permirent à ce que les arbres résistent mieux aux inondations et autres typhons. Ainsi, certaines pinèdes de l’île d’kinawa sont
encore connues sous le nom de « Sai On matsu » ou « Sai On namiki », « les pins de Sai On »
Les artisans furent centralisés dans les villes de Shuri et Naha.
En quelques années, la production propre du royaume fut plus prospère qu’elle ne le fut jamais.
L’aristocratie aussi bénéficia des réformes de Sai On : les aji se virent attribués des dividendes sous forme de ballots de riz. Ce système visait surtout à les attacher et les rendre dépendants du
gouvernement japonais de Ryûkyû. Les aristocrates furent aussi poussés à devenir artisans, mais sans qu’ils perdent de leurs anciens statut et prestige. Pour encore plus encourager les nobles à ces
activités artisanales, les taxes furent supprimées dans les grandes villes et des reconnaissances gouvernementales furent mises en place.
Les différents succès de Sai On lui valurent de nombreux ennemis. En 1734, Heshikiya Chôbin et tomoyose Anjô l’accusèrent d’être pro-chinois, mais le complot fut éventé et Heshikiya, ainsi que 14
autres conspirateurs fut exécutés.
Sai On se retira de sa charge ministérielle en 1752, après le décès de Shô Kei, qu’il avait servi toute sa vie. Cependant, son influence perdura jusqu’à sa propre mort, à l’âge de 79, en 1761.

Stèle érigée pour Sai On au temple Shiseibyô, Naha
© Lionel Lebigot 2009