HOKUZAN
Hokuzan, ce « royaume du Nord » était contrôlé par le puissant gusuku de Nakijin, établit sur la péninsule de Motobu.
Hokuzan était le plus grand des trois royaumes d’Okinawa, cependant, c’était le plus pauvre et le moins développé. La plus grande partie du domaine était clairsemé de petites « exploitations »
agricoles extrêmement pauvres et de petites communautés de pêcheurs, près des côtes. Du fait de cette absence de développement, les habitants de cette région n’était guère plus évolués que des
êtres primitifs et la démographie était la plus faible des trois royaumes.
De tous temps, les habitants d’Okinawa ont dû tirer parti de la mer pour leur subsistance, mais aussi pour importer des biens. Pour cela, il y a une condition nécessaire et impérieuse, un accès
facile et sûr. En ce qui concerne Hokuzan, la difficulté résidait dans l’absence d’un tel lieu, contrairement aux autres royaumes d’Okinawa, Hokuzan ne disposait pas de baie suffisamment sûre et ce
n’est que tardivement que les relations formelles avec la Chine furent établies.
La pauvre agriculture et les mauvaises dispositions géographiques de ce royaume le laissèrent donc sous-développé par rapport à ses voisins.
Les traces les plus anciennes dont nous disposons concernant l’aristocratie de Hokuzan remontent au roi Haniji qui vécut de 1322 à 1395. Pour tenter de remédier au retard de son royaume, Haniji
établit des contacts avec l'empereur dès 1385. A l'époque de Haniji, 6 missions furent envoyées
Suite au décès de Haniji, son fils Min (r.1396-1400) prit le pouvoir. Sous son règne les relations tributaires continuèrent et la province put se développer, mais la relative pauvreté de cette
grande province ne permit pas d'envoyer fréquemment des missions vers la Chine. Sous le court règne de Min, il n’y eut qu’une seule mission tributairet
Le fils du roi Min, Hananchi (r. 1401-1429), lui succéda et prit le pouvoir, sous son règne, 11 missions tributaires furent envoyées ers la cour de Chine. La lutte entre les trois royaumes
d’Okinawa s’intensifia. Mais la richesse de chaque province ne permit pas le même nombre d'envois, comme en attestent les rapports chinois de l'époque Ming.
La rareté et l’irrégularité des missions vers la Chine s’expliquent tout à fait en raison de la pauvreté du royaume du Nord.
© Lionel Lebigot 2008