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Mensôre Uchinâ-blog. Un petit blog de présentation de l'île berceau du karate et du kobudô. Ici, je parlerais tout autant des arts de combat d'Okinawa, que de la culture trop méconnue de cette partie du Japon.

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久米村, Kume-mura

Kumemura (Kuninda en Okinawaïen) était situé au centre de la petite île d'Ukishima, non loin d'Urasoe, capitale du royaume de Chûzan du roi Satto.

C’est là que fut établie une communauté chinoise en 1393, après que des relations tributaires et commerciales furent établies par le Roi Satto de Chûzan avec l’empereur chinois. Ces, légendairement, 36 familles, étaient composées de savants, bureaucrates, diplomates et artisans devaient apportés de multiples connaissances au royaume de Chûzan, puis de Ryûkyû.

Les chinois qui s’installèrent à Kumemura étaient exonérés des taxes foncières dont étaient affublés les autres habitants de Chûzan. Ces exonérations avaient pour but de faire venir des émigrants, qui chez eux en Chine, ne bénéficiaient que de peu d’un pauvre statut, mais qui à Okinawa étaient très bien vus.
En effet, ces Chinois étaient, pour la plupart lettrés : astronomes, géomanciens, constructeurs navals, imprimeurs et étaient donc d’une très grande valeur.

Cependant, à l’intérieur de cette enceinte, érigée quelques années après l’implantation des premiers migrants, on pouvait trouver des coréens qui amenèrent leurs connaissances, notamment dans le domaine de la poterie et de leur laquage.
Encore de nos jours, le souvenir de cette communauté reste fort. Le tracé de l’artère principale qui courait au centre de la communauté  est toujours une rue importante du quartier de Kume.

Les enfants nés à Kumemura commençaient leurs études vers l’âge de 5 ans et à l’âge de 15 ans, ils étaient conduits au palais de Shuri pour une audience. Nombre d’enfants de Kumemura passaient leur temps entre Okinawa et la province du Fujian, en tant que membre des missions tributaires, mais aussi comme étudiants.
Ces études conduisaient à des postes de hautes fonction dans le gouvernement de Ruûkyû.
Il faut noter une chose assez étonnante : si l’influence de cette communauté chinoise eut des effets notables sur la noblesse de Shuri, il n’en fut pas de même pour le reste de l’archipel. En effet, si tous les hauts dirigeants venaient de Kumemura et de Shuri et étaient donc imprégnés de culture confucianiste, le reste du royaume restait sous des rites autochtones et shamaniques.
En 1671, l’empereur Kangxi fit bâtir un temple confucéen dans la communauté de  Kumemura et Shô Shôken, sessei (« premier ministre ») très important pour l’histoire de Ryûkyû, encouragea fortement l’implantation de cette doctrine. Dans ce but, il minimisa le rôle des Noro, prêtresses de la religion animiste et originelle des Ryûkyû, au sein de l’aristocratie .
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la conquête de Ryûkyû en 1609 par les troupes de Satsuma ne marqua pas la fin de l’influence de la communauté de Kumemura.
En effet, pour profiter de la lucrative relation avec la Chine, les nouveaux dirigeants se devaient d’utiliser les services des habitants de Satsuma, mais, pour cela, les Chinois devaient tout ignorer de la présence japonaise. Ainsi, il fut interdit, sous peine de graves sanctions, aux nobles de Ryûkyû de parler de la présence japonaise , il en allait de même pour les marchands se rendant en Chine. En ce qui concerne, les gens du peuple, ces derniers ne côtoyaient pas les dignitaires chinois et ne parlaient pas la langue.


De nos jours, Ukishima, est reliée au reste d’Okinawa, mais il reste encore des traces de cette époque. A l’endroit de la digue qui reliait l’une à l’autre, Chôkôtei et le pont construit sur celle-ci,  Machikane-bashi, renommé Mi’ei-bashi, il y a aujourd’hui, l’entrée de la station Mi’ei-bashi, du nouveau monorail de Naha.

© Lionel Lebigot 2009
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