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  • : Mensôre Uchinâ-blog. Un petit blog de présentation de l'île berceau du karate et du kobudô. Ici, je parlerais tout autant des arts de combat d'Okinawa, que de la culture trop méconnue de cette partie du Japon.
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26 juillet 2011 2 26 /07 /juillet /2011 01:54



A la fin de la 2nde Guerre Mondiale, les U.S. regroupèrent tous les survivants dans des camps. C’est là qu’ils commencèrent leur nouvelle vie. Ils avaient été traumatisés par les 90 jours de la « tempête de fer » (période intense de bombardement) prélude de la bataille d’Okinawa. De la nourriture gratuite et des vêtements étaient fournis par l’armée U.S. Cependant, ces camps faits de tentes n’avaient que peu ou pas de commodités, la nourriture était rare et un grand nombre de gens décédèrent suite au paludisme. Les viols et les agressions étaient fréquents.

http://img.blogs.yahoo.co.jp/ybi/1/34/36/mori_takeo1sou/folder/370440/img_370440_35476670_0?1266506423
A partir d’octobre 1945, les Okinawaïens furent libérés des camps (les derniers en 1947) et autorisés à retourner dans leurs habitations. Sans avoir le temps de panser les plaies de la guerre, ils durent reconstruire leurs maisons, planter les champs trouver de la nourriture et travailler dan,s les bases. Ils ont dû s'attaquer à la reconstruction des îles détruites par la guerre, tout en souffrant de traumatismes psychiques. La reconstruction d’un système éducatif démocratique débuta grâce à des villageois qui construire des écoles aux toits de chaume et des enseignants utilisant du matériel polycopié comme manuels scolaires.
Dans les régions centrales et sud d’Okinawa, les gens rassemblèrent les ossements de ceux tombés pendant la bataille d’Okinawa et à les honorer dans de simples mémoriaux de guerre.
L’armée U.S. avait réquisitionné tant de terres que nombre d’Okinawaïens, n’ayant plus où loger et produire de nourriture durent immigrés dans les îles Yaeyama ou les pays d’Amérique du Sud comme la Bolivie.
Des Okinawaïens, principalement ceux des îles Yaeyama et Miyako, durent faire de la contrebande du fer des épaves de guerre vers, par exemple, Hong Kong ou Taiwan, pour subvenir aux nécessités quotidiennes. Ceci étant dû au peu d’aide qui venait des U.S. Il y avait aussi contrebande de médicaments vers la métropole japonaise contre vaisselle et ustensiles de cuisine. La contrebande permit aussi à se fournir en matériel scolaire et bureautique, bref tous articles nécessaires à la reconstruction démocratique d’Okinawa.
Ils furent obligés de faire ces choses pour survivre aux pertes dues à la guerre.

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25 juillet 2011 1 25 /07 /juillet /2011 11:57

http://userdisk.webry.biglobe.ne.jp/004/489/77/1/115258444715718727.jpg
Les noms des victimes de la bataille d’Okinawa, quelle que fut sa nationalité, fut inscrit sur le monument Heiwa no ishiji. En 1998, on dénombrait un total de 237 318 noms. Cependant, dans le cas des Okinawaïens, le nom de ceux qui était morts à l’extérieur d’Okinawa durant les 14 ans de guerre (prenant comme point de départ l’incident de Mandchourie) aussi bien que ceux dont les noms sont éligibles dans les cas suivants :
1)    Ceux morts lors de raids aériens, naufrages de bateaux de conscription, évacuation ou rapatriement.
2)    Ceux morts du paludisme provoqué par l'évacuation obligatoire par ordre militaire, ou de la famine.
3)    Ceux morts de blessures consécutives à la guerre dans l’année suivante de sa fin. (les victimes des bombes atomiques n’ont pas de limitation de temps)

Cependant, il y a beaucoup de familles de victimes Nord et Sud Coréennes, dont les membres furent victimes de la colonisation japonaise, qui n’ont pas autorisé que les noms soient inscrits sur le monument. Ils objectèrent que ce serait une insulte si leur nom était présent dans le pays agresseur. « Les femmes de confort » coréennes pour les troupes japonaises et les réquisitionnés pour le travail obligatoire coréens n’ont toujours pas été dédommagés et les gouvernementaux emploient toujours un langage abusif quand ils parlent des horreurs de la guerre. Il y a donc de bonnes raisons pour que les Coréens refusent que les noms de leurs ancêtres ne soient pas inscrits sur Heiwa no Ishiji.

Il y a d'autres problèmes relatifs au monument de la paix :
1)    Le Japon ayant déclenché la guerre, il aurait dû prendre en charge la construction du monument. Le gouvernement est considéré comme ayant négligé de faire ce qu'il aurait dû faire et  de ne pas avoir assumé ses responsabilité concernant la guerre.
2)    La responsabilité de la guerre serait bafouée par l’inscription des noms des militaires qui ont dirigé la guerre sur le même monument portant les noms des victimes civiles locales.
3)    Seuls les noms des personnels militaires morts durant la bataille sont inscrits, mais les noms des Okinawaïens comprennent aussi ceux des morts au cours des 15 ans de guerre, quelle que fut la date. Cela pourrait amener à penser que ce monument est dédié en priorité aux Okinawaiens et donc, être en contradiction avec les idéaux suprêmes de ne pas faire de distinction entre ami et ennemi. (Cependant, plusieurs habitants d'Okinawa furent impliqués dans la guerre de 15 ans, de sorte qu'il ne peut pas dire qu'ils sont tout à fait sans reproches).

En réponses à ces critiques, si des efforts sont faits pour éliminer les bases et si des efforts sont faits pour continuer à envoyer des messages de paix de par le Monde, ce monument sera accepté comme un véritable monument dédié à la paix.

 

 

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24 juillet 2011 7 24 /07 /juillet /2011 04:48

http://blogimg.goo.ne.jp/user_image/32/cc/b5782eb328ae862499c9e17de2b2f950.jpg
La bataille d’Okinawa est la plus grande bataille (en termes de victimes tuées/surface) entre le Japon et les U.S. qui eut lieu à la fin des 15 ans de guerre (les historiens japonais reconnaissent que l’engagement japonais dans la 2nde Guerre Mondiale date de « l’incident de Mandchourie de 1931 ». la bataille d’Okinawa se produisit immédiatement après la bataille d’Iwô-jima et est généralement considérée comme la plus meurtrière  de l’histoire militaire.
Les caractéristiques de cette bataille peuvent se résumer comme suit :
1)    La stratégie adoptée par le Japon fut de sacrifier Okinawa pour freiner l’avancée des troupes U.S. et protéger la métropole et le système impérial.
2)    Ce fut la plus violente bataille où des civils furent directement impliqués.
3)    Les mesures d’évacuation de la population furent inadéquates. Nombreux furent les locaux à recrutés et mobilisés par l’armée japonaise. En conséquence, le nombre le nombre de victimes parmi les non combattants excéda celui, combiné, des troupes japonaises et U.S.
4)    Beaucoup de locaux furent tués par les troupes japonaises. Certains furent directement tués comme les bébés en pleurs ou les adultes suspectés d’espionnage. Les autres morts, indirectes par exemple, les cas où les autorités et militaires japonais obligèrent des groupes d’Okinawaïens à se suicider, les privations dues aux confiscations de nourriture ou les délogements de civils qui s’étaient réfugiés dans les grottes au profit des seuls soldats japonais.

Regardant en arrière de la bataille d'Okinawa d’un point de vue du Japon moderne, elle peut être interprétée comme suit :
« Grosso modo, l’Okinawa moderne a été soumis au processus d'unification et d'assimilation dans le système de l'impérialisme japonais. Elle a été soumise à un système d'endoctrinement dans lequel la culture locale et la pensée individuelle ont été forcés de changer pour une idéologie fondée sur la loyauté à l'Empereur et la mère-patrie. La bataille d'Okinawa a été a été une manifestation extrême du « kôminka » (assujettissement au système de l'empereur). Dans le même temps, les tentatives d’assimilations amenèrent des préjugés et de la discrimination ouvertement dirigée contre les Okinawaîens. Plus de 90 jours du lourd bombardement appelé «la tempête de fer "fut considéré comme si les U.S. voulaient complètement anéantir Okinawa. Ce pendant et malgré la dévastation de la bataille, « le peuple d’Okinawa est courageusement sorti des cendres et a prouvé qu’il ne périrait pas »

in « Okinawa-ken shi » Histoire de la préfecture d’Okinawa, I  Tsûshi.


La fin de la bataille d’Okinawa marqua le début de l’Okinawa moderne. Mais ceci ne signifie pas qu’Okinawa était libéré des guerres. De grosses bases furent construites et restèrent opérationnelles même après que le Japon ait retrouvé son « indépendance » dans l’après-guerre. Les bases militaires U.S. jouèrent un rôle stratégique majeur en tant que clef de voûte du Pacifique, et Okinawa était utilisée comme piste d’envol pour les avions de combat U.S. qui bombardaient la Corée ou le Vietnam. Les Okinawaïens étaient, dès lors, en première ligne sous la menace d’une guerre nucléaire. Les insulaires avaient longtemps vécus sous le joug d’une politique militaire U.S. oppressive et ils étaient déterminés à mettre en action des mouvements pro-réversion et antimilitaristes. 
http://bund.jp/img/sozai/okinawa_civil.jpg

 

 
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8 juillet 2011 5 08 /07 /juillet /2011 11:23



Avant la 2ème G.M., un système éducatif inculquant la dévotion à l’empereur fut mis en place et progressivement, la culture d’Okinawa commença à disparaitre. Les noms de famille Okinawaïen furent japonisés. Par exemple, « Nakandakari » et « Kanagusuku » furent changé en « Nakamura » et « Kinjô ». Cependant, la langue, qui est une des bases de la culture, ne peut pas changé du jour au lendemain. Ainsi, avec la montée du militarisme, l'utilisation obligatoire de la langue japonaise fut imposée dans le but de supprimer l'utilisation de la langue maternelle d'Okinawa.
Au milieu, un membre de l’Association des Arts Populaires, Yanagi Muneyoshi, visita Okinawa et  critiqua le gouvernement préfectoral d’être allé trop loin. Les autorités répondirent que les Okinawaïens « expatriés » sur la métropole, n’étant pas compris et ne pouvant parler le japonais, étaient discriminés, donc cette japonisation était le seul moyen d’atteindre le niveau de vie des autres Japonais. En 1940, un débat houleux sur le dialecte d’Okinawa eut lieu parmi les intellectuels japonais. A Tôkyô, Yanagida Kunio, Hagiwara Sakutarô et plusieurs autres hommes de lettres supportèrent l’opinion de l’Association des Arts Populaires. A Okinawa, cependant, les opinions dominantes suivaient ceux des autorités qui voyaient dans l’adoption des standards japonais, le meilleur moyen de s’adapter à une nouvelle ère.
Le débat ne trouva pas de conclusion ? Puisqu’il n’y avait pas d’opposition forte à Okinawa  sur la question du dialecte, l’adoption du langage standard japonais se poursuivit. Durant la bataille d’Okinawa, les militaires japonais déclarèrent que ceux qui seraient pris à parler Okinawaïens seraient considérés comme des espions.
Le respect des cultures  et langues locales commença à être généralement admis après la guerre. Les gens commencèrent à prendre conscience qu’ils aveuglément suivi les autorités en discriminant les Okinawaïens. Yanagi Muneyoshi joua un rôle idéologique important dans l’aide au développement d’une nouvelle compréhension de la richesse de la culture d’Okinawa.

 

http://pds.exblog.jp/pds/1/201003/01/38/d0100638_6375690.jpg
                         Hôgen-fuda (Plaquette de dialecte)



Dans les écoles d’Okinawa, chaque classe avait une hôgen-fuda. Si un élève était pris à parler la langue d’Okinawa, il devait porter cette plaquette de bois autour du cou. Cette marque de disgrâce finit par conduire à la peur de sa propre culture et à un complexe d’infériorité. Cependant, hôgen-fuda fut en vigueur jusque dans le milieu des années 60.

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7 juillet 2011 4 07 /07 /juillet /2011 13:23

http://www.oki-ngo.org/lets-study/english/uchinanchu/images/uchinanchu-pict01.gif
Avec l’introduction de l’économie de marché, les paysans d’Okinawa virent leurs conditions de vie se dégrader. De plus, la division des terres en petites parcelles entrainait une baisse de la production, ajouté à cela une faible structure industrielle força une partie de la population à l’immigration. 
Les premiers immigrants venant d’Okinawa vers Hawaii étaient au nombre de 26 et furent envoyés par l’intermédiaire de Tôyama Kyûzô. Après la guerre Russo-japonaise en 1899, le nombre d’émigrants atteint 4170 avec Hawaii pour principale destination. Durant la période « sotetsu-jigoku », entre 1923 et 1930, le pourcentage d’Okinawaïens émigrants représentait 10% de tous les émigrants japonais. Les plus grandes destinations de migrants okinawaïens étaient, Hawaii, l’Amérique du Sud (Pérou, Brésil, Argentine) et le Sud-Est asiatique.
Les devises envoyées que les émigrants envoyaient dans leur famille comptaient pour 40 à 65% des revenus de la préfecture et supportaient la pauvreté des gens d’Okinawa. Mais cet argent n’était pas envoyé par de riches émigrants, mais par de simples travailleurs expatriés qui souffraient d’environnements durs, de maladies, et de conflits avec la  population locale. Certains réussirent à devenir riches, mais la grande majorité travaillait dure et resta pauvre.
Dans le même temps, d’autres Okinawaïens partirent, pour les mêmes raisons, pour la métropole. Ils furent embauchés et travillèrent principalement dans la ceinture industrielle de Hanshin (Ôsaka, Kobe) en tant que travailleurs dans les usines de soie et l'industrie du filage. Ces travailleurs okinawaïens durent subir les maltraitances et les discriminations en raison du seul fait qu’ils venaient d’Okinawa et devaient travaillés plus d’heures pour de moins bons salaires dans de mauvaises conditions sanitaires. Même dans de telles conditions de vie, les travailleurs d’Okinawa   parvenaient à envoyer de l’argent dans leurs familles.

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25 juin 2011 6 25 /06 /juin /2011 08:06

http://img02.hamazo.tv/usr/abekenzai/%E3%82%BD%E3%83%86%E3%83%842.JPG

La 1ère Guerre Mondiale amena une prospérité sans précédent à Okinawa en submergeant la récession qui avait suivi la guerre Russo-japonaise.

A la fin de l’ère Meiji, le sucre devint une industrie majeure d’Okinawa. Le prix du sucre connue une envolée due au déclin de production dans les pays impliqués dans la 1ère GM. Ceci encouragea les fermiers d’Okinawa a planté des cannes à sucre, ce qui revitalisa l’économie de l’île.

En particulier, les fermiers qui avaient de grands champs, les grands vendeurs et les exportateurs firent de larges profits et devinrent des « profiteurs du sucre ». Mais cette prospérité ne dura pas longtemps. Quand la guerre finit en 1918, les économies européennes se relevèrent et leurs produits inondèrent les marchés asiatiques. Les exportations japonaises déclinèrent, il y eut une sur production de biens et connut une crise financière. Les prix du sucre chutèrent causant une dépression économique à Okinawa.

La grande dépression qui survint à la fin de l’ère Taishô/début Shôwa fut appelée « sotetsu-jigoku, enfer des sotetsu » (les sotetsu sont des arbres de la famille des palmiers). Les paysans n’ayant plus, ni pommes de terre, ni riz à manger durent se nourrir de ces plantes vénéneuses.  

A cette époque, la population d’Okinawa s’élevait à 600000 personnes, et 70% était agriculteurs. La plupart d’entre eux étaient des petits producteurs de cannes à sucre. Après l’établissement de la préfecture, le nombre de producteurs de cannes à sucre augmenta et cela réduisit d’autant la production de riz et de pommes de terre. Dans cette nouvelle économie, les producteurs de cannes à sucre devaient acheter leurs aliments grâce à l’argent rapporté par la vente de la canne. L’agriculture basée sur le sucre est extrêmement dépendante du climat et de l’économie. Les demandes devenant  moins nombreuses, beaucoup de producteurs s’appauvrir. Les familles endettées durent vendre leur fils aux pêcheries, leurs filles aux maisons de plaisirs et beaucoup d’adultes durent s’expatrier ou vivre dans des conditions misérables sur la métropole.

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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 08:49

  http://ec2.images-amazon.com/images/I/51QUc6%2BCO7L._SL500_AA300_.jpg

En abolissant les provinces féodales (han) et créant les préfectures, le gouvernement  visait l’éducation des Okinawaïens, tout en les faisant sortir de la pensée féodale.

Le premier préfet d’Okinawa, Nabeshima Naoyoshi croyait fermement qu’il était urgent pour les Okinawaïens d’intégrer la langue japonaise, ainsi que le mode de vie japonais. Pour ce faire, il créa un nouveau programme éducatif et ouvrit une école des instituteurs à Naha en 1880. Il changea aussi le système scolaire des districts et villages en, respectivement, cours moyens et élémentaires. Les premiers cours élémentaires dispensaient trois années d’éducation à des groupes de 7 à 20 personnes de différents âges (certains de ces élèves étaient déjà mariés.) Les élèves portaient le chignon et des kimonos traditionnels japonais. Le cursus visait à ce que les élèves deviennent de parfaits citoyens japonais, parlant japonais et loyaux à l’empereur.

Suivant une vieille coutume, les hommes portaient un chignon, appelé « katakashira » et les femmes tatouaient le dos de leurs mains « hajichi ». Après la guerre Sino-japonaise, ces vielles coutumes furent dénigrées et bannies. Cependant, les tatouages continuèrent, étant considérés comme une cérémonie importante pour l’entrée dans l’âge adulte et un symbole de chasteté. Ainsi, un décret fut institué en 1899, interdisant le tatouage et deux femmes, nouvellement tatouées furent arrêtées. Peu à peu, cette coutume fut abandonnée. Le chignon masculin, était une coiffure portée par toutes  les couches de la société durant la période royale. La coupe « cheveux courts » arriva à Okinawa dans les années 1888 et les premiers à la porter furent les fonctionnaires (dont beaucoup venaient du Japon), les instituteurs et les étudiants. Cependant, les fonctionnaires eurent beaucoup de difficultés à la faire adopter par l’opinion publique et durent recourir à des représailles envers les récalcitrants, annulations de mariages, expulsion d’école… c’est dans la classe des guerriers de Naha et Shuri que l’opposition la plus forte eut lieu. Avec la victoire  dans la guerre Sino-japonaise, ce chignon disparu complètement.

Parmi les autres traditions abolies, notons le « mô-ashibi » fêtes de jeunes dans les champs et les « yuta » (sortes de chamans). Et pour simplifier, la plupart des cérémonies, fêtes et festivals. Cette acculturation n’était pas seulement faite pour moderniser Okinawa, mais aussi pour japoniser Okinawa.  

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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 11:15

http://travel.3yen.com/wp-content/images/map-okinawa-pref.png

                                                                                            Préfecture d'Okinawa

 

Après que le Japon ait abolit le féodalisme et ait instauré les préfectures en 1871 dans le nouveau gouvernement de Meiji, le royaume de Ryûkyû tomba sous la juridiction de la préfecture de Kagoshima. Même dans la confusion de ce changement radical  du système politique, les ryûkyûans le regardaient comme un simple changement de régime, sans penser que le royaume serait profondément affecté.

En 1872, le gouvernement Meiji ordonna au royaume de payer le tribut par l’intermédiaire de Kagoshima. Le royaume prit cela comme une demande du nouveau gouvernement comme une demande d’envoi d’une mission pour Tôkyô. Donc, ils envoyèrent le Prince Ie Chôtoku en chef de mission et le ministre Giwan Chôho comme chef de la diplomatie. Cependant, le gouvernement Meiji annonca que Shô Tai deviendrait un « Roi de province » et qu’il serait réduit au rang de simple noble. Ceci annonçait l’établissement du clan de Ryûkyû et non plus d’un royaume. Le gouvernement de Meiji avait planifié de démantelé le royaume étape par étape, avec en premier lieu, l’établissement du clan, puis de la préfecture.

En 1874, le gouvernement Meiji  reçut la reconnaissance du Gouvernement chinois que Ryûkyû était sous le contrôle du Japon, après le naufrage d’un bateau de Ryûkyû sur les côtes de Taiwan.  L’année suivante, le gouvernement Meiji fit appeler à Tôkyô des hauts fonctionnaires de Ryûkyû pour leur annoncer que le clan de Ryûkyû allait être abolit pour être remplacé par la Préfecture d’Okinawa. En juillet 1875, Matsuda Michiyuki, secrétaire en chef des « Affaires de Ryûkyû » fut envoyé à Ryûkyû pour mener à bien une mission en 4 points.

1)      Le système tributaire, ainsi que toutes les relations diplomatiques avec la Chine devaient prendre fin.

2)      Les jeunes fonctionnaires devaient être envoyés devaient être envoyés à Tôkyô pour étudier le nouveau système politique.

3)      Les lois de Ryûkyû devaient être supprimées et remplacées par celles du Japon.

4)      Dans le but que le programme des réformes  soit bien appliqué, une garnison japonaise serait installée à Okinawa.

Les Ryûkyûans réagirent en demandant à maintenir le statuquo  dans lequel ils servaient tant la Chine que le Japon. Après deux missions sans succès, Matsuda réalisa que les ryûkyûans étaient si entêtés que les négociations n’aboutirait nulle part.

Dans le même temps, Ryûkyû envoya des messagers en Chine pour demander de l’aide. Réalisant les difficultés à abolir le royaume par la négociation, les japonais prirent la décision d’arrêter le roi et d’utiliser la force. En mars 1879, Matsuda retourna à Ryûkyû une troisième fois accompagné par des forces de police et militaires avec l’ordre d’arrêter le Roi. Sur place, il notifia le représentant du Roi, le prince Nakijin que le clan de Ryûkyû allait être abolit et la Préfecture d’Okinawa créée. Le roi Shô Tai fut obligé de quitter Okinawa pour Tôkyô, où il vécut comme un simple noble. Tout Ryûkyû était sous le contrôle du Japon.

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19 juin 2011 7 19 /06 /juin /2011 11:04

 

Au 19ème siècle, les baleiniers U.S. croisaient dans le Pacifique nord et les navires de commerce Us dans le Pacifique oriental. Les ports japonais commencèrent à susciter l’attention des US pour les escales. En 1846, le commandant de l’escadre des Indes Orientales fut envoyé au Japon pour négocier l’ouverture  du pays à l’occident, mais le shogunat refusa de coopérer. Quand la ruée vers l’or atteignit la Californie, la côte ouest se développa rapidement. Pour diverse raisons commerciales et politiques, une seconde mission, commandée  par le Commodore M.C. Perry fut envoyée au Japon pour établir des relations diplomatiques.

En 1853, avant d’aller au Japon, Perry fit halte à Ryûkyû. Les US savaient qu’à cette époque, que Ryûkyû était sous contrôle japonais. Perry avait plannifié d’occuper Ryîkyû si les négociations avec le Japon échouaient.

Quand l’escadre de Perry entra dans le port de Naha, le bureau du roi envoya le seigneur Mabuni, en faux Premier Ministre, pour négocier et rejeter les demandes de Perry. Makishi Chôchû, qui avait quelques connaissance d’anglais fut envoyé comme interprète. 10 après son arrivée et malgré une forte opposition de la part des officiels de Ryûkyû, Perry, à la tête de 200 marins et ses hommes de troupe se rendirent à Shuri-jô. Se faisant excuser  en prétextant sa mère malade, le roi évita la rencontre avec Perry. Grâce aux conseils de l’interprète, les négociations aboutirent.

 

http://ryubun21.net/media/2/20100618-%E5%AE%88%E7%A4%BC%E9%96%80_2%20003.jpg

                                                                             Le commodore Perry a Shuri-jô

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29 mars 2011 2 29 /03 /mars /2011 12:03


L'invasion de Ryûkyû par les forces du domaine féodal japonais des Satsuma eu lieu en 1609, et a marqué la fin de l'état du royaume de Ryûkyû et le début de relations formelles de vassalité envers le domaine de Satsuma, lui-même vassal du nouveau shogunat de Edo, Japon. L'invasion en  elle-même ne fit que peu de victimes : Ryûkyû avait peu de forces militaires et en sous armement.

Jusqu’à son annexion par le Japon en 1879, Ryûkyû restera un état vassal de Satsuma, tout en gardant une indépendance de vitrine pour ne pas gêner ses relations commerciales de longue date avec la Chine.

 Contexte

L’invasion de Ryûkyû par Satsuma fut le point culminant d'une longue tradition de relations entre le royaume et le clan Shimazu de Satsuma. Les deux régions étaient engagées dans des relations de troc et de commerce depuis plusieurs siècles (on a retrouvé des poteries remontant à l’époque japonaise de « Jômon »  et on sait que Ryûkyû rendait hommage au shogunat Muromachi (1336-1573) du Japon comme il l'a fait avec la Chine depuis 1372.

Dans les dernières décennies du 16ème siècle, le clan Shimazu, aux côtés du seigneur Toyotomi Hideyoshi, qui gouverna le Japon de 1582 à 1598, demandèrent, ou plutôt exigèrent différents aides et services au royaume à plusieurs occasions. A ces demandes, le roi Shô Nei (r. 1587-1620) opposa toujours des fins de non-recevoir.
Un des principaux refus suivi la demande de Hideyoshi concernant sa première invasion de la Corée en 1592. Hideyoshi dépêcha des messagers de Satsuma pour exiger des renforts de troupes et de logistique, mais le roi Shô Nei s’y opposa, Ryûkyû ayant des relations commerciales avec ce pays. Hideyoshi ordonna aussi que Ryûkyû suspende temporairement la mission officielle en Chine qui devait rendre compte et faire reconnaitre formellement l’investiture du roi Shô Nei. Nouveau refus, la mission s'est rendue à Pékin, au cours de cette mission, les Okinawaïens, fidèles à leur alliance, firent part des plans de Hideyoshi envers la Corée, pays vassal de la Chine.
Shimazu Yoshihisa, seigneur de Satsuma, suggéra alors à Hideyoshi que Ryûkyû fournisse vivres et autres fournitures en lieu et place de guerriers, mais Shô Nei, toujours soucieux de ses bonnes relations commerciales avec la Chine, ignora encore les demandes japonaises.
A la suite de l’accession au pouvoir de Tokugawa Ieyasu, Shimazu demanda au roi Shô Nei de se soumettre, Shô Nei ignora encore une fois la demande.

 

A suivre

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