Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : 沖武館 Okibukan
  • 沖武館 Okibukan
  • : Mensôre Uchinâ-blog. Un petit blog de présentation de l'île berceau du karate et du kobudô. Ici, je parlerais tout autant des arts de combat d'Okinawa, que de la culture trop méconnue de cette partie du Japon.
  • Contact

Visiteurs


Il y a actuellement visiteur(s)

Recherche

Annonces

                                                                    SourcesFujian

 

Le livre "Karaté d'Okinawa, les sources du Fujian"

Détails sur le contenu

 

Disponible à la Fnac

Egalement disponible chez Budostore

34 RUE DE LA MONTAGNE SAINTE GENEVIEVE

75005 PARIS

Et toujours en commande

Bon de commande au format MS-Word

 et au format PDF

 

Griffes.jpg

Le livre "Karaté d'Okinawa, entre les griffes du dragon, du Tigre et de la Grue"

Disponible sur Amazon.fr

13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 02:46
Matayoshi Shinkô est né le 18 mai 1888 dans le quartier de Kakihana à Naha, Okinawa. Il fut initié au système familial de combat à mains nues et armé par son père Shinchin et son grand-père Shintoku.
Un ami de Shintoku, Bushi Agena du village de Gushikawa, lui enseigna le bô jutsu (bâton long) et le Êkujutsu (rame), il apprit notamment le kata Tsuken Akachû no Ekudi.
A force de toujours entendre parler des hauts faits des pratiquants de Quan Fa (Boxe Chinoise), il prit la décision de partir pour l’empire du milieu, à l’âge de 17 ans. Arrivé en Mandchourie, notons qu’il fut le premier japonais à pénétrer le continent asiatique par les Sakhaline, il se joignit à une bande de brigands de qui il apprit le maniement du Suruchin (corde lestée d’une pierre à chaque extrémité). Dans cette même région, Matayoshi Shinkô apprit une forme de la boxe du Shăolín du Nord (cette influence n’est plus présente dans le Kingai-ryû actuel.)

Parvenu dans la province du Fùjián, il fut hébergé dans la famille de Wú Xiánguì/Go Kenki, qu'il avait connu à Okinawa. De Wú Jiāoguì/Go Kôki, père de Wú Xiánguì, il apprit le Fùjián Shăolín-quán/Boxe du Shăolín du Fùjián. Plus tard, c’est encore le père de Wú qui présenta Matayoshi au vieil expert Mŏu-lăoshī 某老師, surnommé « Kingaï. » Notons que Mŏu fut le senpaï (condisciple ainé) de Zhōu Zhĭhé/Shû Shiwa, professeur de Uechi Kanbun.
Kingai n’est donc qu’un surnom et celui-ci n’est lui-même que la prononciation okinawaënne de « kim-ngē » dans la langue du Fujian, de plus, dans les textes anciens de la famille Matayoshi, « kingai » n’est écrit qu’avec des caractères phonétiques, katakana.
L’enseignement du vieil expert Mŏu-lăoshī (Kingaï) était extrêmement strict, mais depuis son enfance, Matayoshi était habitué à cette ambiance sévère. De plus, ces techniques étaient complètement différentes de celles apprises avec sa famille.

Un enseignement important de Mŏu-lăoshī s’appelait Dărén-fă/Danin-hô/Règles pour Frapper un Homme/打人法. Cette technique consistait à connaître la physiologie humaine pour pouvoir judicieusement frapper les points vitaux d’un adversaire ; c’était aussi apprendre à connaître son adversaire pour pouvoir prendre un ascendant définitif sur lui afin de le vaincre. Avec son sifu (équivalent à de senseï en japonais), Matayoshi se forma aussi à la médecine et à la pharmacopée chinoise.
 
A son retour à Okinawa, en 1911, il put appliquer les connaissances médicinales apprises sur le continent. Avec la modernisation du Japon, très peu de gens étaient intéressés par les techniques de combat à mains nues et Matayoshi n’enseigna qu’à un petit nombre d’élèves. Malgré cela, ce fut aussi l’époque où les experts des arts de combat de l’île formèrent des centres de recherches.
Au cours de l'année 1915, Matayoshi fit une démonstration de Tonfa et de Kama devant la cour impériale en compagnie de Funakoshi Gichin, le fondateur du style Shôtôkan de karate.
En 1921, il fit une démonstration en compagnie de Miyagi Chôjun au château de Shuri, lors de l’escale du prince héritier Hiro Hito en voyage pour l’Europe.
En 1928, Matayoshi participa à une grande fête au sanctuaire Meiji qui devait représenter les arts typiques d’Okinawa.

Par la suite, pour approfondir encore ses connaissances de l’art, Matayoshi repartit pour le Fùjián. Là, il retrouva Mŏu-lăoshī, dans la ville de Yòumànzhōu 又満州, qui lui enseigna l’art du Nunte bô (bâton long surmonté d’un trident dont un des crochets est inversé), du Tinbê (bouclier et machette) et du Suruchin (corde lestée d’une pierre à chaque extrémité).
De ce voyage, Matayoshi ramena deux rouleaux représentant les divinités tutélaires du Kingaï-ryû. Ces divinités symbolisent la sagesse des Bodhisattva sauvant l’humanité de tous les péchés du monde, des crimes et apportant les connaissances en général. Aujourd'hui encore, ces rouleaux sont en possession de la famille Matayoshi.
Shinkô revint définitivement à Okinawa au printemps 1934. Il s’installa à Naha où il se lança dans le commerce. Son style, nommé Kingaï-ryû fut transmit à son fils Shinpô qui l'enseigna jusqu'à sa mort dans son dôjô situé dans le quartier de Sôbe de Naha, Okinawa.

Matayoshi Shinkô décéda en 1947, laissant la transmission de son art à son fils Shinpô.

© Lionel Lebigot 2009

Partager cet article

Repost 0
Published by Lionel Lebigot - dans Arts martiaux
commenter cet article

commentaires

gojira 15/07/2009 10:49

Merci pour l'article.
SI je comprends bien, on a donc un lien entre le kingai-ryû, l'Uechi-ryû et le Gôjû-ryû.
Car au niveau de la Chine les différents experts ont reçu un enseignement de Chine d'experts Chinois qui étaient apparenté ou qui se connaissaient.

Lionel Lebigot 15/07/2009 14:05


Oui, il existe un lien.